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Devant le Commandement Naval de Santander, sera amarré jusqu’à mardi le ’Mutin’, un voilier à 2 mâts de la Marine Nationale. Au commandement de ce ’dundee’ historique qui a été utilisé pendant la 2nde Guerre Mondiale pour évacuer des espions de la France occupée par l’armée d’Hitler vers la Grande-Bretagne, un premier maître, Juan Federico Gómez, fils d’immigrés espagnols.
« Sarkozy est d’origine hongroise » dit avec orgueil ce fils d’immigrés de Murcie qui, dans les années 50, s’ont allés travailler à Montpellier, une ville proche de Sète, où a vécu Juan Federico depuis qu’il est enfant : « A la maison, il n’y avait aucune tradition militaire. Mais je vivais à Sète à côté de la mer et j’ai vu de nombreux bâtiments de guerre » explique-t-il dans un espagnol correct teinté d’un accent français. Logique. Il est Français. Il est né dans ce pays voisin, là-bas, ses parents continuent de vivre et il y vit encore.
Le premier maître Gómez est marié, a 2 jeunes enfants et habite à Bourges, à quelques 200 km au sud de Paris. Il espère les rejoindre rapidement pour passer les vacances avec eux.
Bien qu’il n’ait rien à voir avec le pirate d’Espronceda, il partage avec lui son amour pour la voile, pour la liberté que donne la mer et il croit comme le corsaire que son navire est un trésor. Ce n’est pas pour rien. Pendant la 2nde Guerre Mondiale et après l’occupation de la France par l’armée Allemande d’Hitler, le général de Gaulle a lancé depuis Londres un appel à la France Libre. Les résistants ont camouflé en Grande-Bretagne le ’Mutin’ en navire de pêche et il a traversé la Manche avec des espions et des personnes dont la vie était en danger. Ce fils d’immigrants de Carthagène (Murcie) raconte avec orgueil l’histoire.
Le ’Mutin’, qui est basé à Brest, est déjà venu à Santander quand la ’Cutty Sark’ a fait escale dans le port mais, pour Juan Federico Gomez, c’est la première fois qu’il s’y rend. Le voilier, en plus de servir pour la formation à la navigation à la voile des élèves de l’Ecole Navale, participe à de nombreuses régates de navires d’époque. Sa traversée Saint Jean de Luz – Santander - Les Sables d´Olonnes a une priorité : recruter des jeunes pour la Marine Nationale. L’escale à Santander tient cependant plus du ’cadeau’ pour le groupe de 14 marins engagés qui, jusqu’à mardi, se promèneront et apprendront à connaître la ville.
« La navigation à la voile est bien plus difficile, mais aussi beaucoup plus romantique. On sent beaucoup plus la mer » dit-il en souriant. Juan Federico continue d’étudier et de se former pour continuer à monter dans la hiérarchie militaire.
EL DIARIO MONTAÑÉS (Espagne)
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