Sous-marin nucléaire brésilien : la fabrication d’une première section de coque permet de qualifier équipements et procédures

  • Dernière mise à jour le 10 septembre 2026.

Nuclebrás Equipamentos Pesados ​​S.A. (NUCLEP), en partenariat avec Itaguaí Construções Navais (ICN), a achevé la fabrication de la section de qualification du sous-marin nucléaire d’attaque Álvaro Alberto. Cette finalisation, annoncée ce mercredi 9, constitue une étape technique indispensable avant le lancement de la production des sections finales de la coque pressurisée.

Cette structure expérimentale valide les matériaux, le soudage, les équipements et les compétences des professionnels qui seront employés pour la construction du sous-marin nucléaire Álvaro Alberto.

Nuclebrás Equipamentos Pesados ​​S.A. (NUCLEP), en partenariat avec Itaguaí Construções Navais (ICN), a achevé la fabrication de la section de qualification du sous-marin nucléaire d’attaque Álvaro Alberto. Cette réalisation, annoncée ce mercredi 9, constitue une étape technique indispensable avant le lancement de la production des sections finales de la coque pressurisée.

Ce composant reproduit une partie de la coque qui devra résister à la pression extérieure lors des opérations en immersion. Bien qu’il ne soit pas destiné à être installé sur le futur sous-marin, il permet de démontrer que les matériaux, les équipements, les procédés industriels et les professionnels impliqués répondent aux exigences de qualité et de sécurité définies par le projet.

 Validation avant la construction de la coque définitive

La section de qualification fonctionne comme une structure d’essai à échelle réelle. Sa construction permet de tester des procédés tels que le formage de plaques d’acier à haute résistance, l’assemblage d’anneaux structuraux, le contrôle dimensionnel, le soudage et l’inspection des joints.

Les résultats obtenus doivent démontrer la reproductibilité des procédures lors de la fabrication de la coque définitive. La qualification implique également les soudeurs, les opérateurs, les inspecteurs et les ingénieurs, réduisant ainsi les risques industriels avant la fabrication des composants qui seront intégrés au sous-marin.

La production de coques pressurisées exige des tolérances rigoureuses, car toute irrégularité dans les matériaux ou les soudures peut compromettre la sécurité d’exploitation du sous-marin en grande profondeur. Par conséquent, la construction de la section expérimentale est considérée comme une étape indispensable entre la conception technique et la production en série des éléments structuraux.

 Expérience accumulée dans la construction de sous-marins

L’achèvement de cette phase préserve le savoir-faire développé par NUCLEP depuis près de quarante ans. L’entreprise publique a participé à la fabrication des coques pressurisées des sous-marins brésiliens, utilisant une technologie allemande, puis a produit les structures des quatre sous-marins conventionnels de la classe Riachuelo.

Il s’agit des sous-marins Riachuelo (S40), Humaitá (S41), Tonelero (S42) et Almirante Karam (S43), ce dernier initialement nommé Angostura. Les trois premiers sont déjà opérationnels, tandis que l’Almirante Karam, lancé en novembre 2025, est en cours d’essais en mer. La Marine brésilienne considère l’achèvement de la phase des sous-marins conventionnels comme la transition industrielle vers la construction du sous-marin nucléaire d’attaque.

« Le Brésil a consacré des décennies à former des professionnels, à développer des technologies et à mettre en place une capacité industrielle capable de participer à un projet d’une telle complexité », a déclaré le président de NUCLEP, Adeilson Telles. Selon lui, cette production démontre que le savoir-faire nécessaire demeure présent dans le pays et doit être préservé.

NUCLEP indique que son implication dans la construction navale militaire remonte aux sous-marins de technologie allemande et comprend la production des coques pressurisées des quatre unités de la classe Riachuelo. L’entreprise fabrique également des équipements de grande envergure pour les secteurs nucléaire, énergétique et de la défense.

 Participation au développement de la coque et de la propulsion

Outre la qualification des procédés de construction de la coque, NUCLEP participe au Laboratoire de Production d’Énergie Nucléaire (LABGENE), situé au Centre Industriel Nucléaire d’Aramar à Iperó, dans l’État de São Paulo. Ce complexe reproduira à terre, à l’échelle réelle, le système de propulsion qui équipera le sous-marin Álvaro Alberto.

L’entreprise participe à la fabrication du Bloc 40, la structure qui abritera le réacteur nucléaire et les systèmes associés. Selon la description technique de NUCLEP, la fourniture comprend des composants tels que la cuve du réacteur, les réservoirs, les accumulateurs et les échangeurs de chaleur.

Ainsi, l’entreprise publique est impliquée simultanément dans les deux principaux aspects industriels du programme : la qualification de la structure résistante du sous-marin et le développement à terre de son futur système de propulsion.

Malgré son appellation de « sous-marin nucléaire », l’Álvaro Alberto ne sera pas équipé d’armes nucléaires. Ce terme désigne exclusivement son système de propulsion. Le SNA devrait utiliser un armement conventionnel, comme des torpilles et des missiles antinavires, combinant une grande autonomie sous-marine, une vitesse soutenue et la capacité de rester immergé pendant de longues périodes sans avoir besoin d’utiliser un schnorchel.

 Défis à venir du PROSUB

Le sous-marin Álvaro Alberto représente l’étape la plus complexe du Programme de développement des sous-marins (PROSUB), issu du partenariat stratégique franco-brésilien établi en 2008. La coopération française a fourni la technologie nécessaire à la conception et à la construction des sous-marins conventionnels, tandis que la centrale nucléaire et le combustible sont développés au Brésil.

Le calendrier a été modifié à plusieurs reprises en raison de difficultés techniques et de fluctuations budgétaires. Les prévisions publiées en 2026 indiquent que le sous-marin devrait être mis à l’eau vers 2038. En août, lors d’une visite à Aramar, le président Luiz Inácio Lula da Silva a promis de mobiliser les ressources nécessaires à la poursuite du projet, après avoir reconnu que l’irrégularité des transferts de fonds avait affecté le programme. Selon une enquête publiée par Folha de S.Paulo, le programme nucléaire de la Marine brésilienne a reçu 1,4 milliard de réaux en 2025, tandis que le projet spécifique de sous-marin a absorbé 649 millions de réaux supplémentaires.

L’achèvement de la phase de qualification conditionne le passage aux sections finales à l’approbation des procédés industriels, à la maturité de LABGENE (le laboratoire du réacteur) et au maintien d’un flux budgétaire compatible avec un projet pluriannuel. L’intégration future du réacteur à l’enveloppe constituera l’un des points techniques les plus délicats de l’ensemble du programme.

Référence :

Poder naval (Brésil)