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A bord du Charles-de-Gaulle, il y a deux choses dont on ne parle pas : les lapins et les hélices. Les premiers par superstition, les secondes parce qu’elles fâchent. Mais ce sera bientôt fini : une paire d’hélices neuves, venue des Etats-Unis, l’attend à Toulon.
Après la casse d’une pale en mer, en novembre 2000, la Direction de la construction navale commande aussitôt une paire d’hélices aux Fonderies Atlantic Industrie (FAI) et un second jeu à l’américain Bird-Johnson, filiale de Rolls-Royce. En attendant, on chausse le porte-avions nucléaire avec celles de son prédécesseur, le Clemenceau.
Une première hélice, livrée en avril 2002 par les Français, est recalée pour « défauts métallurgiques ». En février 2003, les ingénieurs de Pascagoula (Mississippi) fournissent une paire, laissant espérer une pose lors de l’entretien du bâtiment, à l’automne suivant. Mais les radiographies décèlent de petites imperfections sur l’une d’elles, et la Délégation générale pour l’armement réclame une expertise plus poussée. Les résultats viennent de tomber : l’hélice tourne rond !
Entre-temps, une autre hélice a été livrée par FAI, à l’état brut, à la DCN, qui y apporte actuellement les finitions : « Les premières radiographies sont parfaites », assure-t-on. Une seconde suivra ces jours-ci. Sauf complications, la paire sera remise au client final, la DGA, à la fin de 2005.
Neuf ans après la première commande, c’est... assez tôt : ces hélices ne seront indispensables qu’à partir de l’arrivée, prévue en 2008, des Rafale de nouvelle génération, dont l’appontage requiert un porte-avions voguant à 27 nœuds, quand les hélices du « Clem’ » ne permettent d’atteindre que 25 nœuds. Française ou américaine, la paire sera montée lors de la grande Iper (indisponibilité périodique pour entretien et réparations) du Charles-de-Gaulle, à partir de juillet 2006. Et le vrai test aura lieu en 2007-2008, lorsque le bâtiment, après cette phase d’entretien de quinze mois, reprendra la mer.
L’express
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