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Commandant de l’Aconit
Demain samedi, la frégate Aconit va appareiller du port de Toulon et prendre la route de l’océan Indien. Elle va rejoindre les forces de l’opération européenne Atalante de lutte contre la piraterie.
Depuis sa création en décembre 2008, la marine nationale a toujours participé à la force européenne de lutte contre la piraterie au large de la Somalie, dans le golfe d’Aden et en océan Indien. Actuellement, c’est la frégate Floréal, basée à la Réunion, qui participe à l’opération. Elle sera remplacée par l’Aconit, et cette dernière devrait, à son tour, être remplacée par le Guépratte.
La lutte contre la piraterie dans cette zone est importante, parce que cette zone voit passer 30% du pétrole acheté par la France. Et une part importante de ce que nous achetons, passe ou est fabriqué à partir d’éléments qui sont passés dans cette région.
La mission des bâtiments militaires dans cette région est triple : – sécuriser l’IRTC (Internationally Recommended Transit Corridor), un corridor qu’il est recommandé aux navires de commerce d’utiliser pour naviguer dans la région, – escorter les navires affrétés par le Programme Alimentaire Mondial pour nourrir la population somalienne, qui a dû fuir ses villages, chassée par la guerre civile, – patrouiller en océan Indien et dans le golfe d’Aden, et se tenir prêt à intervenir en cas d’attaque de pirates sur un navire de commerce.
Dans la région, de nombreuses forces participent à la lutte contre la piraterie. Il y a évidemment la force Atalante de l’Union Européenne (sa première opération militaire navale), il y a l’opération Ocean Shield lancée par l’OTAN, la CTF-152 qui coordonne l’activité des bâtiments n’appartenant ni à l’Union Européenne, ni à l’OTAN (comme le Koweït ou le Pakistan). Et il y a aussi des pays qui, individuellement, envoient des navires. C’est le cas de la Russie, de la Chine et même de l’Iran.
Face à la présence de ces différentes forces, le capitaine de vaisseau de Saint-Julien, le commandant de l’Aconit, explique que les pirates sont devenus plus audacieux et attaquent de plus en plus loin de leurs bases somaliennes. Certaines ont ainsi eu lieu à seulement quelques centaines de km des côtes indiennes ! Mais le taux de réussite des pirates diminue. Il est passé de 30% en 2010 à 15% en 2011. Autre indice que les différentes forces ont un impact direct : le nombre de bateaux mouillés au large de la Somalie, attendant d’être libérés par les pirates, n’est plus que de 5 seulement.
Après une saison hivernale où la mousson ralentit les activités des pirates (qui sont équipés de petites embarcations peu adaptées à la mer agitée), l’Aconit va arriver sur place alors que la météo généralement plus clémente favorise une recrudescence des attaques.
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