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La flotte russe envisage de retourner à ses bases étrangères, a déclaré à la fin de la semaine dernière un porte-parole de l’état-major général de la Marine de guerre russe. Comment s’effectuera le retour de la flotte russe dans les pays lointains après vingt ans d’absence et quels sont les objectifs qu’elle poursuit ?
Pendant la guerre froide, la Marine de guerre de l’URSS menait des missions militaires en mer Méditerranée afin de pouvoir affronter et de détruire, en cas de guerre, les porte-avions et les sous-marins lanceurs d’engins des Marines des pays de l’OTAN déployés dans cette région, qui autrement auraient été susceptibles de frapper directement le territoire de l’Union soviétique. A l’heure actuelle, la tension a considérablement diminué et la présence américaine en mer Méditerranée s’est beaucoup réduite. Cependant, cette région, qui représente un carrefour entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, conserve une importance cruciale.
Les navires russes ont commencé à sillonner la mer Rouge et l’océan Indien après l’ouverture du canal de Suez : le nouvel itinéraire était activement utilisé pour accéder à l’Extrême-Orient. Avant la construction du Transsibérien et du passage du Nord-Est, il représentait l’unique moyen de communication plus ou moins rapide et régulière avec les régions russes les plus éloignées. Mais même après l’apparition de ces alternatives, l’itinéraire passant par la mer Rouge a continué à attirer l’attention des stratèges maritimes russes. La mer Rouge est en effet traversée par l’une des voies maritimes les plus actives du monde, assurant presque 10% du trafic mondial de marchandises.
L’archipel de Socotra se trouve à proximité de la corne de l’Afrique, à 350 kilomètres au sud de la péninsule Arabique. La situation géographique de l’archipel permet d’y organiser un contrôle de la navigation dans le golfe d’Aden, à savoir des déplacements des navires se dirigeant vers l’Ouest et longeant les côtes de l’Afrique au sud et de la péninsule Arabique au nord-est. La base soviétique installée dans l’île de Socotra, l’île principale de l’archipel du même nom, a été créée en 1971 et utilisée jusqu’au démembrement de l’Union soviétique, notamment pour lutter contre la piraterie. Dans le cadre de la lutte contre les écumeurs, cette base permettra d’utiliser des dragueurs de mines, des vedettes et d’autres petits navires, sans nécessité de faire usage de grands bâtiments de guerre.
De grands navires pourront, quant à eux, participer à des opérations dans l’océan Indien en couvrant leurs arrières. La base pourra être utilisée pour relever les équipages, faire des réparations et compléter les approvisionnements alimentaires au lieu de recourir à une armada de navires auxiliaires ou de devoir regagner le pays d’origine, qui peut se situer à des milliers de miles de cette zone.
Par ailleurs, pour atteindre de telles perspectives, il faut avoir des instruments adéquats. Chaque base doit être protégée, cependant, pour l’instant, la Marine de guerre russe n’a pas suffisamment de navires pour assurer une présence régulière de forces importantes dans les mers lointaines.
Faut-il percevoir les projets ambitieux de la Marine de guerre russe comme une confirmation du fait que dans un proche avenir, la flotte russe recevra une quantité non négligeable de nouveaux bâtiments de guerre, ainsi que des avions et hélicoptères, des ouvrages de défense côtière, entre autres ? S’il en est ainsi, la renaissance des bases étrangères constituera l’un des projets les plus réussis de la politique extérieure de Russie du nouveau siècle.
Par Ilia Kramnik, RIA Novosti
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.
© RIA Novosti
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