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L’exposition internationale de défense navale et de sécurité maritime EURONAVAL 2008 a toutes les chances d’entrer dans l’histoire. En visitant ce salon plein de nouveautés remarquables, le commandant en chef de la Marine de guerre russe, l’amiral Vladimir Vyssotski, a manifesté un vif intérêt pour les potentialités du groupe français Thales en matière de construction de porte-avions.
Un des plus grands fabricants européens d’armes, Thales réunit des entreprises fournissant le matériel le plus divers, depuis les équipements électroniques jusqu’aux bâtiments de guerre. Ainsi, Thales Naval figure parmi les principaux concepteurs des porte-avions britanniques de type CVF et du second porte-avions français (PA2) qui a des dimensions et des performances similaires.
Selon des bruits courant depuis longtemps, le projet de porte-avions pour la Marine russe reprendrait les grandes lignes du modèle CVF/PA2. Il s’agit d’un porte-avions de dimensions moyennes (60 à 70.000 tonnes), optimal pour la Russie du point de vue de son coût et de ses caractéristiques. Or, évaluer un projet de navire déjà existant est une chose, mais confier à la France la construction d’un porte-avions pour les forces navales russes en est une autre. Pour mieux comprendre dans quelle mesure cette idée est réalisable, nous proposons de faire une brève excursion dans l’histoire.
Dans le passé, surtout à la charnière du XIXe et du XXe siècles, la Russie a souvent fait appel aux constructeurs navals étrangers afin de moderniser sa flotte de guerre : les commandes russes faisaient tourner les chantiers aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et dans d’autre pays. La raison était simple, le potentiel de l’industrie nationale était en retard sur les demandes de la Marine qui avait besoin d’un nombre croissant de bâtiments modernes.
Des navires de fabrication étrangère ont également fait partie des forces navales de l’URSS. Il suffit de dire que la majorité des embarcations utilisées par les troupes de débarquement soviétiques était d’origine polonaise.
Les constructions navales russes traversent actuellement une période difficile. La coopération avec une grande société étrangère serait très utile dans ces conditions. Elle pourrait revêtir des formes très diverses, à commencer par l’acquisition d’un projet existant de porte-avions et sa mise en œuvre en Russie avec le concours de spécialistes étrangers et en finissant par la construction d’un premier navire à l’étranger et sa reproduction ultérieure en série sur des chantiers navals russes.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur : Ilia Kramnik, RIA Novosti
© RIA Novosti
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